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Partenariat RIHN-CNDRB : Evolution des Oasis et prise en charge de la biodiversité dans le plateau du Tademaït

here Cette compilation présente un bilan succinct du partenariat CNDRB-RIHN, et rend hommag e à c e l u i q u i a i n i t i é c e t t e r e l a t i o n e t q u i a v a i t consacré une partie de sa vie professionnelle pour se rendre à In- Belbel au Sahara en A l g é r i e . P r o f . I . Ko b o r i , Décédé le 27 Novembre 2010, avait noué avec les habitants une liaison hors du commun au p o i n t d ’ ê t r e a ppelé le Ja ponais d’InBelb

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Camion transportant une charge de Morettia canescens ( )

Le plateau du Tademaït (400 à 700 mètres) constitue une réserve pour la biodiversité. Cette étendue du Sahara est très peu peuplée. Il y a InBelbel et Matriouen au Sud et récemment M’guiden au Nord. Etant une oasis isolée et éloignée, InBelbel a fait l’objet de suivi par le prof. Kobori et ses équipes pour documenter l’évolution des foggaras dans le Tidikelt. Depuis 2009, un mémorandum d’accord a été établi entre le Research Institute for Humanity and Nature (RIHN-Japan) et le Centre National de Développement des Ressources Biologiques (CNDRB-Algérie) pour héberger le projet: source link ‘A study of human subsistence ecosystems in Arab societies – to combat livelihood degradation for the post oil-Era’. Le but étant d’inclure les deux oasis d’InBelbel et Matriouen dans une thématique socio-environnementale plus large. Le CNDRB a acquis un savoir-faire en matière de développement d’approche participative sur le terrain pour compléter et approfondir les inventaires de la biodiversité. Un inventaire global de 300 taxons environ a été dressé. Son achèvement honorera le CNDRB par rapport aux objectifs de la décennie 2011-2020 dédiée à la biodiversité. .

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La couleuvre de Schokar Psammophis schokari Forsk.Sur Propsopis juliflora

 

 

La diversité agricole (agrobiodiversité) est constituée à la base de 46 cultivars du dattier. HMIRA, TINNASER, TEGAZA et TAZERZAYET, sont les plus répandus. BAMEKHLUF et AGGAZ très précoces, HARTAN et TAQERBUCHT sont les plus recherchées. DEGLET NOOR d’introduction récente donne des dattes sèches mais reconnaissables. Par contre ‘ADAM BULLAH introduit récemment du Gourara donne des dattes prometteuses. UM-NAJI, DEGLET ROMMAN et BENTBRYA sont des cultivars endémiques très intéressant et nécessitent des efforts de réhabilitation. Il y a dans chaque jardindes pieds de Henné et parfois des cotonniers. Les fruitiers par contre sont rares et se limitent à quelques pieds de grenadiers, figuiers et vigne. Récemment des oliviers, des pommiers et des poiriers ont été introduits. Les serres ont permis d’augmenter l’adoption de cultures maraichères (tomates, poivrons, choux fleur, haricot vert, aubergines,..) mais necessitent une dépendance quasi-totale pour s’approvisionner en semences. Les céréales locales sont de plus en plus remplacées par des semences introduites. Des blés locaux seul CHATER est maintenu. FRAYEH est très rare et il n’y a plus de blé BAHMOUD ou MAINGA. Pour l’orge, BOURABAA (qui muri en quatre mois) et RAS LMOCH sont toujours existants mais de moins en moins cultivés. La fameuse légumineuse des oasis Vigna unguculata (Tadellagha) comme les lentilles locales sont devenues rares. Par contre la roquette est assez maintenue. L’élevage se pratique pour quelques ovins (D’men et parfois mélangés avec la race Sidaouen) et caprins sans se soucier de la distinction des races. Au moins cinq espèces envahissantes sont notées ; le chiendent, les roseaux et le Prosopis juliflora utilisés comme brise vent. La Tourterelle turque est de plus en plus remarquée depuis une quinzaine d’années environ. Les Gambusia sont introduits dans les eaux des foggaras et il n’y a plus de grenouilles dans les bassins suite à cette introduction. L’impact est certain sur le passage des cigognes qui ne peuvent plus s’attarder dans ces oasis isolées. Les aigrettes sont par contre observées. Les algues ne sont pas utilisées comme engrais vert. L. Hannache ingénieur au CNDRB se penche sur les espèces aquatiques et le développement de l’aquaculture pour le compte des populations.

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Chute d’Inazen (cours d’eau) en Octobre 2010

En dehors des oasis, les lits d’oueds sont caractérisés par des groupements d’Accacia-Turgidum avec Zilla spinosa. Souvent la plante toxique hyoscormus falazles (B’tina) se développe sur de larges étendues. Acacia tortilis radiana (Talh) et A. ehrenbergiana (Tammet ) sont quasi permanentes et donne l’allure de peuplements arbustifs bien évolués parfois en association avec Panicum turgidum (Um Rokba) et Pergularia tomentosa (Falha). On rencontre aussi des Tamarix (Athel, Fersig et Awarak) et rarement Nitraria retusa (Aterzim). Balanites aegyptica (Tinchetat) et Maerua crassifolia (Gara) sont deux formes arbustives intéressantes à explorer dans le cadre de la conservation de la Biodiversité. Trois ingénieurs algériens (deux du CNDRB) ont été initiés au dénombrement et la localisation. En octobre 2010, une trentaine d’individus de Maerua crassifolia (W. Benslimane (BRB 3) et près de 500 Balanites ont été recensés (T. Benfetima BRB4). A. Hebla du CNDRB d’El-Bayadh a conduit un essai de localisation des touffes par GPS. Sur le plateau du Tademait lui-même et selon les points d’eau, on trouve des Rhus et des Capparis et parfois du Ziziphus. L’inventaire floristique dépasse les 70 espèces et la prospection systématique nécessite un suivi durant les années pluvieuses. Il n’a pas plu véritablement depuis janvier 2009 et septembre 2010. La strate herbacée et totalement sèche, fort heureusement le stock des années précédentes de Morettia canescens n’est pas encore épuisé. Cette espèce fourragère est toujours récoltée dans un rayon de 80 km autour d’InBelbel. Pour ce volet flore, il faut citer les Terfes comme champignons macroscopiques très recherchés même s’ils ne sont pas ramassés chaque année. D’autres espèces poussant sur le fumier dans les jardins et en particulier sous les serres suscitent de l’intérêt. L’inventaire faunistique par enquête donne une centaine de noms vernaculaires désignant la richesse des taxons. Les reptiles regroupent le varan, l’Uromastyx (Dob), des acanthodactyles, des serpents (vipères et couleuvres) vivant même proche des oasis. Les jeunes reptiles cherchent toujours les nids de buses, d’aigles et des vautours.

Nous avons observés des cadavres d’hiboux autours de la palmeraie et souvent des hirondelles mortes dans les bassins et qui témoignent de la dureté des migrations pour ces espèces fragiles. La Gazelle dorcas ‘ ’ et le Mouflon à manchettes ( ) ou le fennec sont souvent suivis et chassés. Après avoir observé directement quatre Gazelles dorcas dans l’oued InBelbel en août 2009, nous avons invité en avril 2011, T. Medjahed et en octobre 2012 S.K. Kobbi pour s’intéresser au suivi de la faune sauvage et effectuer des enquêtes auprès des populations. Le fichier des sites d’observation même par enquêtes est très important pour la cartographie de ces espèces emblématiques. Les criquets, les libellules, les fourmis et les arthropodes en général (araignées, scorpions et solifuges) nécessitent plus de temps pour assurer les identifications.

 

En octobre 2012, nous avons observé pour la première fois des abeilles qui, par manque de couvert végétal, butinent les touffes de Zygophyllum. Certains villageois se rappellent de la récolte de miel dans des sites rocailleux.

La réputation du Plateau du Tademaït réside dans l’existence des oueds comme O. Tiliya, O. Labiod, O. Aflisses, O. Daha et le fameux O. Mya où la paléontologie livre l’existence des traces d’origine du Cheval d’Afrique du Nord. La collaboration des populations locales pour déterminer les lieux dits et témoigner de l’évolution de la végétation ou des effectifs faunistiques donne de la pertinence à l’approche participative et permet d’approfondir les inventaires. Un projet nouveau est né au CNDRB pour favoriser une intervention multidisciplinaire et rendre la prise en charge de la biodiversité dans le plateau du Tademaït plus bénéfique pour les populations locales. L’équipe du CNDRB propose la possibilité d’établir un élevage en semi captivité et aussi de tester l’introduction des Arganiers. A. Hebla et ses collègues de l’annexe du CNDRB à Laguermi (W. d’El-Bayadh) ont introduit cette année des Arganiers à Adrar et à InBelbel. La création de la future annexe du CNDRB à Tinerkouk se servira de ce projet et assurera la continuité.

 

Nous adressons une reconnaissance particulière aux populations d’InBelbel et Matriouen, à Mme MEZIANE D.G. du CNDRB et au Prof. H. Nawata Chef de projet au RIHN pour leur confiance et l’encouragement qu’ils nous ont réservé. Les cadres de l’ALN sous l’égide du Ct Gaid et Lt Amine sont vivement remerciés pour leur dévouement et leur sympathie.

BENKHALIFA A. et ISHIYAMA S. (ENS/CNDRB Algérie – RIHN, Japan)